21 mars 2009

Onitsha (JMG Le Clézio)


Fintan a douze ans lorsqu'il embarque avec sa mère Maou pour l'Afrique. Ils vont retrouver le père de Fintan, Geoffroy, un illuminé passionné de mythologie africaine, parti depuis plusieurs années déjà. Fintan et Maou vont avoir beaucoup de difficulté à se situer entre le mileu colonial britannique ultra-conformiste et les africains si incompréhensibles, pendant que Geoffroy se partage entre ses recherches et son travail pour une compagnie commerciale.

Ça, pour sûr, c'est poétique. D'abord, le Clézio écrit remarquablement bien. Ensuite, il réussit à créer une atmosphère africaine prenante, qu'elle soit réelle ou imaginaire. La chaleur écrasante, aveuglante, la langueur (un brin monotone, comme toutes les langueurs), la folie, le délire causé par la fièvre paludique, tout cela dessine une ambiance qui vous capture. Il semble que les trois personnages principaux du roman délirent un peu. Ou alors, disons qu'ils rêvent éveillés, ils vivent dans une autre réalité, chacun dans la sienne. On ressent une grande solitude chez ces personnages, accrochés à leur rêve comme à le seule source d'espoir.

Le problème, c'est cet isolement n'est pas vraiment franchissable pour le lecteur non plus. On a du mal à entrer dans leur rêve, fait de légendes et de mythologies à demi exprimées. On se demande à quoi rime toute cette histoire, ces personnages partis (chercher quoi au juste ?) puis revenus en ayant perdu plus que trouvé. Il semble que quand on doit abandonner son rêve, on a tout perdu. Mais le rêve lui-même n'était que substance intangible ; alors, il n'y aurait que le néant ?

J'ai eu une drôle d'impression en lisant ce livre où tout se dérobe au regard. J'ai été pris par l'ambiance et par le style tout en restant étrangement détaché.

Ce n'est pas facile de rêver le rêve de quelqu'un d'autre.

1 comments:

Anonyme a dit…

dssdasdasdasda QUI REGARDE CE TRUC

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