Aujourd'hui, j'aimerais parler d'un des artistes actuels les plus intéressants qui soient, et que même c'est consternant que personne n'en parle nulle part tellement ce qu'il fait est génial.
Bon, c'est vrai qu'il est habituellement classé au rayon "musique contemporaine" (ou peut-être devrais-je dire "musique savante occidentale du XXIe siècle"), et ceci explique peut-être cela, mais pour moi, ce n'est qu'une autre illustration parfaite de l'effet pernicieux des étiquettes.
Sachez donc que ce compositeur est accessible et sa musique est susceptible d'être appréciée aussi bien par le musicologue le plus pointu que par le bon vieux rockeur des familles.
Et ce n'est pas par hasard que j'évoque le rock. En effet, ça m'est arrivé plusieurs fois au détour de blogs musicaux de lire que tel artiste rock avait été influencé par certains compositeurs de musique contemporaine, qu'il s'agisse de Stockhausen, Ligeti, ou même Debussy. Peut-être, mais moi, bien que j'écoute toutes sortes de musiques, je dois avouer que je n'ai jamais été capable de déceler la moindre trace d'influence dans un morceau rock (si on excepte le fait que certains groupes rock utilisent des synthétiseurs, instruments issus de la recherche musicale, mais je doute qu'il s'agisse de l'influence évoquée dans les blogs).
Par contre, le contraire est bien plus plausible. Le rock fait partie du monde qui nous entoure (contrairement à la musique contemporaine), et en ce sens, il est normal qu'il influence les compositeurs, comme n'importe quel fait marquant de notre société.
Fausto Romitelli, lui, revendique pleinement cette influence et l'exploite consciemment dans ses compositions.
"Depuis que je suis né, je baigne dans les images digitalisées, les sons synthétiques, les artefacts. L'artificiel, le distordu, le filtré - voilà ce qu'est la Nature des hommes d'aujourd'hui."
Définir le rock est difficile, puisque c'est pour une part une question d'attitude, et d'interaction (souvent sous forme de révolte) avec la société actuelle. Cette révolte se manifeste non seulement dans les paroles des chansons, mais aussi dans le choix d'instruments, de timbres et de sons en friction et en distorsion. La guitare électrique, au son amplifié, mais aussi manipulé pour lui donner "l'abrasiveté" nécessaire, n'est pas pour rien l'instrument symbolique du rock.
Justement, Romitelli est un des très rares compositeurs contemporains à utiliser la guitare électrique dans ses morceaux.
Après tout, cela peut être très naturel pour un enfant élevé au rock, mais c'est aussi la base de son style, de travailler sur la saturation et la distorsion.
Bien sûr, on est pas dans la simplification nécessaire pour rendre une chanson efficace, ni dans le rythme primaire de batterie nécessaire pour rendre un hymne rock combattif, mais je trouve dans cette musique des résonances frappantes avec l'univers du rock psychédélique (que j'aime beaucoup).
Le morceau "Professor Bad Trip" est inspiré de l'oeuvre d'Henri Michaux sur les effets de la mescaline, "La connaissance par les gouffres" ; on est donc en plein dans le thème du trip psychédélique.
Les autres morceaux du disques sont également très bons, et très amusants, très second degré, notamment, "Trash TV dance" donne l'impression d'assister à l'attaque d'une guitare électrique (elle souffre, la pauvre) par des virus, infestant l'instrument et produisant des mutations du son généré.
Le disque est disponible chez Cypres records. L'excellent Ensemble Ictus est dirigé par Georges Octors, et Tom Pauwels est à la guitare électrique.
Bon, c'est vrai qu'il est habituellement classé au rayon "musique contemporaine" (ou peut-être devrais-je dire "musique savante occidentale du XXIe siècle"), et ceci explique peut-être cela, mais pour moi, ce n'est qu'une autre illustration parfaite de l'effet pernicieux des étiquettes.
Sachez donc que ce compositeur est accessible et sa musique est susceptible d'être appréciée aussi bien par le musicologue le plus pointu que par le bon vieux rockeur des familles.
Et ce n'est pas par hasard que j'évoque le rock. En effet, ça m'est arrivé plusieurs fois au détour de blogs musicaux de lire que tel artiste rock avait été influencé par certains compositeurs de musique contemporaine, qu'il s'agisse de Stockhausen, Ligeti, ou même Debussy. Peut-être, mais moi, bien que j'écoute toutes sortes de musiques, je dois avouer que je n'ai jamais été capable de déceler la moindre trace d'influence dans un morceau rock (si on excepte le fait que certains groupes rock utilisent des synthétiseurs, instruments issus de la recherche musicale, mais je doute qu'il s'agisse de l'influence évoquée dans les blogs).
Par contre, le contraire est bien plus plausible. Le rock fait partie du monde qui nous entoure (contrairement à la musique contemporaine), et en ce sens, il est normal qu'il influence les compositeurs, comme n'importe quel fait marquant de notre société.
Fausto Romitelli, lui, revendique pleinement cette influence et l'exploite consciemment dans ses compositions.
"Depuis que je suis né, je baigne dans les images digitalisées, les sons synthétiques, les artefacts. L'artificiel, le distordu, le filtré - voilà ce qu'est la Nature des hommes d'aujourd'hui."
Définir le rock est difficile, puisque c'est pour une part une question d'attitude, et d'interaction (souvent sous forme de révolte) avec la société actuelle. Cette révolte se manifeste non seulement dans les paroles des chansons, mais aussi dans le choix d'instruments, de timbres et de sons en friction et en distorsion. La guitare électrique, au son amplifié, mais aussi manipulé pour lui donner "l'abrasiveté" nécessaire, n'est pas pour rien l'instrument symbolique du rock.
Justement, Romitelli est un des très rares compositeurs contemporains à utiliser la guitare électrique dans ses morceaux.
Après tout, cela peut être très naturel pour un enfant élevé au rock, mais c'est aussi la base de son style, de travailler sur la saturation et la distorsion.
Bien sûr, on est pas dans la simplification nécessaire pour rendre une chanson efficace, ni dans le rythme primaire de batterie nécessaire pour rendre un hymne rock combattif, mais je trouve dans cette musique des résonances frappantes avec l'univers du rock psychédélique (que j'aime beaucoup).
Le morceau "Professor Bad Trip" est inspiré de l'oeuvre d'Henri Michaux sur les effets de la mescaline, "La connaissance par les gouffres" ; on est donc en plein dans le thème du trip psychédélique.
Les autres morceaux du disques sont également très bons, et très amusants, très second degré, notamment, "Trash TV dance" donne l'impression d'assister à l'attaque d'une guitare électrique (elle souffre, la pauvre) par des virus, infestant l'instrument et produisant des mutations du son généré.
Le disque est disponible chez Cypres records. L'excellent Ensemble Ictus est dirigé par Georges Octors, et Tom Pauwels est à la guitare électrique.
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